Colloque de l’Empa sur le thème des poussières fines

Une vue claire sur un phénomène trouble

25 janv. 2006 | REMIGIUS NIDERÖST

Les poussières fines posent un grave problème environnemental important. Vendredi dernier des experts ont discuté à l’Empa du niveau de pollution actuel par les poussières fines, des dernières connaissances sur leurs origines et de leurs effets sur la santé et le climat.

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40 pour-cent de la population suisse respirent trop de poussières fines. Ces fines particules d’un diamètre inférieur à 10 millièmes de millimètres ne sont pas sans avoir d’effets sur la santé: Près de 16'000 hospitalisations pour des troubles cardiovasculaires ou respiratoires sont à mettre au compte des poussières fines – et 40'000 cas de bronchites aiguës chez les enfants. Les particules les plus fines que sont par exemple la suie des moteurs Diesel semblent être particulièrement toxiques.

Depuis 1967 l’Empa mesure en collaboration avec l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) les poussières fines dans l’atmosphère dans le Réseau national d’observation des polluants atmosphériques NABEL. Selon Rudolf Weber de l’OFEV, en 2004 la valeur limite annuelle de la pollution par les poussières fines a été dépassée sur 51 des 72 stations de mesure suisses.

Des méthodes encore plus fines pour identifier les sources

Sur six des 16 stations NABEL, l’Empa mesure à côté des poussières PM10 aussi la masse de différentes fractions granulométriques de ces poussières ainsi que le nombre de particules de ces fractions. Ces données sont nécessaires pour parvenir à une meilleure compréhension de la pollution par les poussières fines. De nouvelles méthodes de mesure permettent de déterminer les composants chimiques des poussières fines avec une résolution temporelle élevée. „Avec ces données, il devient possible d’identifier les sources avec davantage de fiabilité et de quantifier avec plus de précision leur contribution à la charge totale de poussières fines“ déclare Christoph Hüglin de l’Empa. De plus elles permettent d’étudier les processus de formation et de décomposition des poussières fines. Les mesures du réseau NABEL permettront aussi de contrôler l’efficacité des mesures de lutte contre les émissions de poussières fines annoncées par la Confédération.

On sait que les moteurs Diesel sont une source importante de poussières fines. L’Empa étudie par des mesures sur banc d’essai la composition de ces émissions et leur variation en fonction des différents types de moteurs. „Les filtres à particules sont la mesure la plus efficace pour la réduction des émissions de suie“; c’est ce que déduit Martin Mohr de l’Empa des mesures qu’il réalise. Une prochaine étape, réalisée en collaboration avec l’Institut Paul Scherrer (PSI) et l’EPF de Zurich sera consacrée à l’étude de la manière dont ces particules se transforment immédiatement après leur sortie de l’échappement.

 

Les moteurs ne sont pas les seuls à produire des particules de poussières fines

Il existe à côté de moteurs Diesel une grand nombre de sources de particules fines: les processus de combustion, les activités industrielles, l’usure des pneus et des revêtements routiers ou encore les activités agricoles ou forestières. Certaines particules de poussières fines peuvent aussi se former dans l’air par réaction de polluants gazeux avec des composés organiques. Le déroulement de ce processus est étudié par les chercheurs du PSI et de l’EPF de Zurich. Ces chercheurs ont constatés qu’il conduisait sous l’action du rayonnement solaire à la formation de molécules organiques à longues chaînes, ou autrement dit à des polymères. .

L’Université de Berne étudie elle par des mesures du carbone radioactif la provenances du carbone dans les poussières fines. En été, une part importante du carbone organique des poussières fines est d’origine naturelle comme le montrent des mesures effectuées à Zurich. Les particules de suie les plus fines proviennent toutefois de la combustion de combustibles fossiles.

Une étude menée par le PSI a révélé une chose étonnante: A Roveredo, un village agricole des Grisons, en hiver la majeure parti des poussières fines provient des chauffages au bois. En dans la Léventine aussi, à proximité immédiate de l’autoroute du Gothard cette même source contribue pour une grande part à la pollution par les poussières fines. "Les émissions de poussières fines provenant des chauffages au bois pourraient bien être d’une manière générale sous-estimées en Europe,“ déclare en conclusion André Prévôt du PSI.

Ainsi que l’a montré ce colloque de l’Empa, les poussières fines sont un sujet très complexe. "Nos connaissances sont toutefois suffisantes pour prendre des mesures de réduction efficaces ", souligne Christoph Hüglin. Au vu de la grande variété des sources de poussières fines, le paquet de mesures annoncé par le Conseiller fédéral Moritz Leuenberg va dans la bonne direction.

Auteur:

Irene Bättig, Oerlikon-Journalisten

Contact:

Dr. Christoph Hüglin, Lab Polluants atmosphériques/Technique de l’environnement, +41 44 823 46 54,

Martina Peter, Section Communication/Marketing +41 44 823 49 87,