La comparaison de la charge environnementale des voitures électriques à batterie avec celle des voitures à moteurs à combustion interne conventionnels nétait jusquici pas une opération simple car on ne connaissait pas exactement la charge exercée sur lenvironnement par la fabrication, lexploitation et lélimination de leurs accumulateurs électriques. Une équipe de lEmpa a maintenant établi pour la première fois un écobilan précis des batteries lithium-ion (Li-ion), plus précisément dune version chimiquement améliorée (autrement dit plus écologique) de celles du type actuellement les plus fréquemment installées sur ces véhicules. Il ressort de cette étude que si lélectricité ne provient pas uniquement dusines hydroélectriques, cest alors, tout comme pour les voitures à moteurs à combustion interne, lexploitation du véhicule qui exerce la charge principale sur lenvironnement, cela plus ou moins selon le mix de courant utilisé. La batterie lithium-ion elle-même na quune faible influence sur lécobilan global des voitures électriques contrairement aux craintes selon lesquelles la fabrication techniquement complexe de ces batteries pouvait annuler les avantages de la propulsion électrique.
Ecobilan des batteries de propulsion des voitures électriques Les voitures électriques à batteries sont volontiers prônées comme la solution idéale pour la mobilité du futur car elles némettent pas de gaz déchappement. Elles utilisent le plus souvent des accumulateurs Li-ion qui sont plus légers et accumulent davantage dénergie que les accumulateurs au plomb ou au nickel-hydrure métallique (NiMH). De plus, ces accumulateurs ne demandent pratiquement aucun entretien, ils ne sont pas sujets aux pertes de capacité en cas de déchargements partiels répétés (effet de mémoire), ne présentent quune faible autodécharge et ils sont considérés comme sûrs et durables. Cest aussi la raison pour laquelle ils sont utilisés dans de nombreux produits, par exemple dans les ordinateurs portables. Mais sont-ils aussi écocompatibles? Des chercheurs du laboratoire Technologie et société de lEmpa désiraient le savoir. Pour cela, ils ont calculé lempreinte écologique dune voiture électrique équipée de batteries Li-ion en tenant compte de tous les facteurs déterminants, de la production de toutes leurs pièces et composants en passant par lutilisation du véhicule sur sa durée de vie et jusquà son élimination lors de sa mise à la casse. Les données pour lévaluation des batteries ont dû être réunies spécialement à cet effet. Dans cela, les chercheurs ont sciemment considéré des hypothèses défavorables, en ne tenant pas compte, par exemple, du fait que la batterie dune voiture mise à la casse peut encore très bien sutiliser pour des applications stationnaires. Les données décobilan des autres composants du véhicule ont été tirées de la banque de données «ecoinvent» (www.ecoinvent.org) dont lEmpa assume la gestion. Le véhicule électrique étudié, utilisant pour sa propulsion de lélectricité du mix de courant européen, correspondait par sa taille et sa puissance à une voiture de la classe VW Golf. Le véhicule de comparaison était une voiture à essence neuve peu polluante, conforme à la norme sur les gaz déchappement Euro 5 consommant en moyenne 5,2 litres au 100 kilomètres avec le nouveau cycle de conduite européen NEDC. Une consommation nettement inférieure à la moyenne européenne et qui en fait une des meilleures voitures à essence de sa classe sur le marché.
Tout dépend de lélectricité et moins de la batterie elle-même Cette étude montre que la charge environnementale exercée par la batterie Li-ion elle-même nest que modérée; seuls 15 pour-cent au maximum de la charge environnementale totale de la voiture électrique sont à mettre au compte de la fabrication, de lentretien et de lélimination de la batterie. La moitié soit 7. 5 pour-cent provient de lextraction et de la production du cuivre et de laluminium utilisés comme matières premières dans la fabrication de la batterie. La production du lithium ne pèse que pour 2.3 pour-cent dans le bilan. «Les accumulateurs lithium-ion ne sont pas aussi mauvais quon le supposait jusquici», constate Dominic Notter, co-auteur de cette étude publiée tout récemment dans la revue scientifique «Environmental Science & Technology». Il en va par contre autrement de lexploitation de la voiture électrique sur une durée de vie attendue de 150'000 kilomètres: cest là le chargement de sa batterie, autrement dit son «carburant» qui provoque la charge la plus importante sur lenvironnement. Si on fait le «plein» avec le mix européen délectricité usuel provenant de centrales nucléaires, hydroélectriques et à charbon, la charge environnementale est trois plus importante que celle exercée par la batterie Li-ion en elle-même. Il vaut la peine denvisager ici des alternatives: alors que si lélectricité utilisée est produite uniquement dans des centrales thermiques à charbon la charge supplémentaire sur lécobilan est de 13 %, cette charge est abaissée de 40% avec de lélectricité provenant exclusivement de centrales hydroélectriques. Les conclusions des chercheurs de lEmpa: une voiture à essence ne devrait consommer que trois à quatre litres aux cent kilomètres au plus pour être à peu près aussi écocompatible quune voiture électrique à batterie Li-ion chargée avec un mix de courant européen. |