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Rapport de l’ONU: importations d’Europe continuent d’aggraver le problème de déchets électroniques10 février 2012
La consommation intérieure est le principal facteur contribuant à l’augmentation des déchets électroniques en Afrique

L’Afrique de l’Ouest doit faire face à un flux croissant de déchets issus de la consommation intérieure d’équipements électriques et électroniques neufs et usagés, d’après un nouveau rapport de l’ONU. La consommation intérieure est à l’origine de la majorité (jusqu’à 85 %) des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) neufs ou d’occasion produits dans la région, selon l’étude. Le problème des DEEE en Afrique de l’Ouest est de surcroît aggravé par un flux constant d’équipements usagés provenant de pays industrialisés, dont d’importants volumes s’avèrent non réutilisables.

Une autre façon de réutiliser les ordinateurs usagés: décharge sur le site du marché de ferraille informel d’Agbogbloshie à Accra/Ghana.

Dans les cinq pays examinés dans le cadre du rapport de l’ONU (Bénin, Côte d’Ivoire, Ghana, Liberia et Nigeria), entre 650 000 et 1 000 000 tonnes de déchets électroniques issus de la consommation intérieure sont produites chaque année et doivent être gérées afin de protéger la santé et l’environnement de la région. Le rapport, «DEEE? Où en sommes-nous en Afrique?», livre des informations sur les pratiques actuelles de recyclage ainsi que sur les caractéristiques socioéconomiques du secteur ouest-africain des déchets électroniques. Il fournit également des données quantitatives sur l’usage, les importations et l’élimination des équipements électriques et électroniques (EEE) dans la région. Le rapport est basé sur les conclusions des évaluations nationales des déchets électroniques réalisées dans les cinq pays entre 2009 et 2011.

«La gestion efficace des quantités croissantes de déchets électroniques produites en Afrique et dans d’autres pays du monde constitue une part importante de la transition vers une économie verte à faible intensité de carbone et efficace dans l’utilisation des ressources», a déclaré le Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et Sous-secrétaire général de l’ONU, Achim Steiner. «Il est possible de développer les économies africaines, de créer des emplois décents et de protéger l’environnement en assurant une gestion durable des déchets électroniques et en récupérant les métaux précieux et autres ressources renfermés dans les produits qui finissent comme déchets électroniques. À l’approche de Rio+20, qui se tiendra en juin, ce rapport montre que des mesures telles que l’amélioration des stratégies de ramassage et la mise en place de structures plus officielles de recyclage, peuvent limiter les dommages causés à l’environnement et offrir des opportunités économiques», a ajouté M. Steiner.

Une équipe de l’Empa, le Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche, et d’experts locaux a joué un rôle prépondérant dans la planification et la réalisation des enquêtes sur place dans les banlieues des capitales de l’Afrique de l’Ouest et même que dans la facilitation des démarches des différents intervenants en vue de la formulation de stratégies nationales de gestion des déchets électroniques. «Ce rapport des Nations Unies et l’une des études les plus exhaustives sur la question des déchets électroniques domestiques et importés dans les pays en voie de développement et sur ses impacts socio-économiques», déclare le chef du projet pour l’Empa, Mathias Schluep, qui s’engage depuis plusieurs années dans de nombreuses initiatives sur la gestion des déchets dans les pays d’Afrique et qui est l’un des auteurs principaux de ce rapport.


Le recyclage informel des déchets électroniques est dangereux à la fois pour la santé des ouvrier et pour l’environnement: coulage de plomb sur le marché de ferraille informel d’Agbogbloshie à Accra/Ghana.


Les deux faces des déchets électroniques: Risques …
L’utilisation d’EEE demeure peu répandue en Afrique par rapport aux autres régions du monde, mais elle s’étend à un rythme stupéfiant. Le taux de pénétration des ordinateurs personnels en Afrique, par exemple, s’est multiplié par 10 au cours de la dernière décennie, tandis que le nombre d’abonnés à la téléphonie mobile a centuplé. Les EEE peuvent contenir des substances dangereuses, par exemple des métaux lourds, tels que le mercure et le plomb, et des perturbateurs endocriniens tels que les retardateurs de flamme bromés. Des substances dangereuses sont rejetées au cours de diverses opérations de démontage et d’élimination, les rejets étant particulièrement considérables lors du brûlage de câbles pour en extraire le cuivre et de plastiques pour réduire les volumes de déchets. Le brûlage de câbles en plein air est une source majeure d’émissions de dioxine, un polluant organique persistant, transporté sur de longues distances dans l’environnement, et qui se bioaccumule dans les organismes en remontant la chaîne alimentaire globale.

L’exposition aux substances dangereuses aux sites de démontage et dans les alentours pose de multiples risques pour la santé et la sécurité des personnes qui ramassent et recyclent les déchets ainsi que pour celles de la population voisine. La santé des enfants peut tout particulièrement être menacée. Les enquêteurs ont constaté que l’emploi d’enfants est courant dans les entreprises de récupération de ferraille d’Afrique de l’Ouest. Les activités de ramassage et de démontage sont effectuées par des enfants âgés d’au moins 12 ans, mais des enfants de cinq ans seulement sont parfois recrutés pour des travaux légers, y compris le démontage de petites pièces et le tri de des matériaux.


C’est là qu’aboutissent les vieux moniteurs et téléviseurs à écran cathodique: le marché international d’Alaba, le deuxième plus grand marché d’EEE d’occasion d’Afrique à Lagos/Nigeria.


… et opportunités – si leur gestion est adéquate
Les EEE renferment également des matières de valeur stratégique, telles que l’indium et le palladium, ainsi que des métaux précieux, tels que l’or, le cuivre et l’argent. Ceux-ci peuvent être récupérés et recyclés, devenant ainsi une source précieuse de matières premières secondaires et permettant, d’une part, de réduire la pression sur les ressources naturelles rares et, d’autre part, de minimiser l’empreinte écologique globale. À la différence du secteur informel du recyclage, où le ramassage et le recyclage des déchets électroniques sont effectués presque exclusivement par des travailleurs migrants souvent déconsidérés par les sociétés africaines parce qu’ils vivent de la récupération de déchets, la remise en état est perçue comme une opportunité économique relativement attrayante par la population active instruite, semi-professionnelle. À Accra (Ghana) et à Lagos (Nigeria), le secteur de la remise en état assure un revenu à plus de 30 000 personnes.

Le rapport, qui a été préparé par le Secrétariat de la Convention de Bâle en collaboration avec le Laboratoire fédéral suisse d’essai des matériaux et de recherche (Empa), l’Institut d’écologie appliquée (Öko-Institut), le Réseau de l’Union européenne pour l’application et le respect du droit de l’environnement (IMPEL) et les gouvernements du Bénin, de la Côte d’Ivoire, de l’Égypte, du Ghana, du Liberia, du Nigeria et de la Tunisie, a examiné les flux d’EEE et de déchets électroniques entre l’Europe et l’Afrique de l’Ouest. Il contient également des informations sur le potentiel économique et environnemental de la mise en place d’un système rationnel de récupération des ressources et de gestion des déchets électroniques, ainsi que sur les risques associés à la poursuite de la voie actuelle.

Parmi ses principales conclusions figurent les suivantes:

  • Au Ghana, en 2009, les enquêteurs ont constaté qu’environ 70 % de toutes les importations d’EEE se composaient d’EEE usagés ; 30 % des équipements d’occasion importés étaient estimés ne pas fonctionner (et être par conséquent des déchets électroniques), soit une production d’environ 40 000 tonnes de déchets électroniques en 2010.
  • Des enquêtes menées sur le terrain au Bénin et en Côte d’Ivoire ont révélé qu’environ la moitié des EEE usagés importés ne sont en réalité plus en état de marche et ne sont pas réparables, ce qui est considéré comme une importation de déchets électroniques.
  • L’analyse, réalisée entre mars et juillet 2010, de 176 conteneurs de deux catégories d’EEE usagés importés au Nigéria a révélé que plus de 75 % de tous les conteneurs venaient d’Europe, environ 15 % d’Asie, 5 % de ports africains (principalement du Maroc) et 5 % d’Amérique du Nord. On a constaté une distribution semblable au Ghana, où 85 % des importations d’EEE usagés provenaient d’Europe, 4% d’Asie, 8 % d’Amérique du Nord et 3 % d’autres pays.
  • Le Royaume-Uni est le principal pays exportateur d’EEE neufs et usagés en Afrique, suivi avec de grands écarts par la France et l’Allemagne. Le Nigeria est le principal pays africain importateur d’EEE neufs et usagers, suivi du Ghana.
  • Au total, on estime qu’au cours de ces dernières années, au moins 250'000 tonnes de déchets électroniques par année sont entrées «illégalement» dans les cinq pays d’Afrique de l’Ouest sélectionnés. «Ce chiffre est comparable à la quantité totale de déchets électroniques générés par de petits pays européens tels que la Belgique ou les Pays-Bas et il équivaut approximativement aux 5% de la totalité des déchets électroniques produits dans l’Union européenne», ainsi que le relève Schluep.


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